Rokudo-no-Tsuji, le chemin qui mène à l’autre monde

 

  Entre la gare de Gionshijo et celle de Kiyomizugojo de la ligne de Keihan, il y a un chemin en pente douce qui monte à partir de la rivière Kamogawa jusqu’au mont Higashiyama.  On l’appelle « Rokudo-no-tsuji ».  Rokudo signifie « les six mondes dans lesquels on se rend après la mort » et tsuji, « la voie » ; donc, « la voie qui mène à l’autre monde ».

  Ces six mondes sont disposés verticalement, de haut en bas ;

  1. « Tenjo » ou « le monde des dieux ou des êtres célestes »
  2. « Ningen » ou « le monde des êtres humains »
  3. « Shura » ou « le monde des êtres belliqueux »
  4. « Chikusho » ou « le monde des animaux »
  5. « Gaki » ou « le monde des faméliques »
  6. « Jigoku » ou « le monde des enfers ».

  Le monde dans lequel on peut/doit entrer après la mort est désigné par le juge des morts appelé « Enma ».  Il pèse les bonnes et les mauvaises actions des âmes à la porte de l’autre monde et décide du destin des morts.  Après avoir séjourné dans un monde pendant quelques temps, on doit se déplacer dans un autre monde décidé , cette fois aussi , en fonction de ce qu’on a fait dans la vie précédente.  On doit répéter ce déplacement éternellement.  On appelle ce phénomène « Rinne Tensho » soit « la transmigration ou la réincarnation ou encore la métempsycose ».

  Il y avait à l’époque d’Heian (794 – 1185) au fond de cette rue un des trois grands cimetières municipaux de Kyoto dans lequel on laissait les cadavres se décomposer sur le sol et être dévorés par les oiseaux.  Donc, on y voyait souvent des cadavres abandonnés, des têtes de mort détachées du corps et des os dispersés.

  Il est naturel qu’on commenca à regarder cette partie de la ville comme la frontière entre ce monde et l’autre et cette rue comme la voie qui mène à l’autre monde.  Le long de la rue, il y a les deux temples qui caractérisent bien ce quartier entouré de mystères.  Ce sont le Rokudochinno-ji et le Saifuku-ji, sur lesquels j’écrirai la prochaine fois.

  Nous ne manquerons pas de nous arrêter dans le magasin de bonbons devant le Saifukuji !